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Incontinence : pourquoi « renforcer le périnée » empire la situation de nombreuses femmes

May 23, 2026

L’incontinence est l’un des sujets les plus tabous de la santé féminine.

Des millions de femmes vivent avec des fuites urinaires ou anales, parfois depuis des années, sans jamais en parler : par honte, par banalisation ou arce qu’on leur a répété que c’était “normal après un accouchement”, “normal avec l’âge”, ou simplement “le prix à payer quand on est une femme”.

Et lorsqu’elles cherchent des solutions, elles entendent presque toujours le même conseil :
👉 “Il faut renforcer le périnée.”

Mais ce que l’on explique rarement, c’est que ce conseil peut parfois aggraver la situation.

Car toutes les incontinences ne viennent pas d’un périnée faible.
Et dans un nombre considérable de cas, le problème est exactement l’inverse. Le périnée est déjà trop contracté, trop tendu, trop verrouillé.

Dans ce cas, continuer à le “renforcer” sans comprendre ce qui se passe réellement peut entretenir les fuites au lieu de les soulager.

C’est précisément ce que de nombreuses recherches et observations cliniques commencent aujourd’hui à confirmer :
👉 un périnée incapable de se relâcher correctement ne peut plus réagir intelligemment aux pressions du quotidien.

Et cela change profondément la manière d’accompagner les femmes.

Dans cet article, nous allons explorer :

  • pourquoi l’incontinence est beaucoup plus complexe qu’une simple “faiblesse”
  • la différence essentielle entre périnée hypotonique et hypertonique
  • pourquoi certaines pratiques de yoga aggravent parfois les symptômes
  • comment le corps féminin fonctionne réellement
  • et pourquoi une approche plus fine du périnée change tout




L’incontinence féminine : une réalité massive… et silencieuse

L’incontinence touche un nombre immense de femmes et pourtant, le sujet reste profondément invisible.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

En population générale, entre 25 et 45 % des femmes souffrent d’incontinence urinaire.
En France, près d’une femme sur deux de plus de 35 ans rapporte des fuites urinaires.
Après un accouchement, plus d’une femme sur deux vit une forme d’incontinence dans l’année qui suit.

Et pourtant… moins d’une femme sur quatre consulte.

Beaucoup pensent que cela passera. D’autres ont honte. Certaines minimisent leurs symptômes pendant des années.

Ce silence a un coût immense.

L’incontinence impacte :

  • le rapport au corps
  • la confiance en soi
  • la pratique sportive
  • la sexualité
  • les déplacements
  • le sommeil
  • la charge mentale quotidienne

Et malgré cela, la majorité des discours restent extrêmement simplistes.

On réduit encore souvent le périnée à une mécanique binaire : faible ou tonique. Or le corps féminin est infiniment plus subtil que cela.

Comprendre l’incontinence demande de sortir d’une logique automatique et de commencer à lire le terrain réel du corps.

 

Toutes les incontinences ne se ressemblent pas

L’incontinence n’est pas une seule problématique. Il existe plusieurs formes d’incontinence et elles ne répondent pas aux mêmes mécanismes.

L’incontinence d’effort

C’est la forme la plus fréquente avant 50 ans.

Les fuites apparaissent lors :

  • d’un éternuement
  • d’une toux
  • d’un saut
  • d’un effort physique
  • d’un port de charge

C’est souvent cette forme qui pousse les femmes vers des exercices de “renforcement”. Mais contrairement aux idées reçues, elle n’est pas toujours liée à une faiblesse du périnée.

 

L’incontinence par urgenturie

Ici, le mécanisme est différent : l’envie d’uriner surgit brutalement, avec parfois une impossibilité de retenir.

Cette forme est souvent liée :

  • à une hyperactivité de la vessie
  • au système nerveux
  • à des états d’hypervigilance ou de tension chronique

Dans de nombreux cas, cette forme d’incontinence est également associée à un périnée hypertonique.

Le bassin reste en état de contraction quasi permanent, comme s’il ne savait plus relâcher complètement.

Cette tension chronique perturbe alors la capacité du système pelvien à répondre de manière fluide et adaptée aux signaux de la vessie.

 

L’incontinence mixte

Elle combine plusieurs mécanismes et devient plus fréquente avec l’âge.

Cette distinction est essentielle car proposer exactement la même approche à toutes les femmes revient à ignorer la réalité du corps.

Et c’est précisément là que certaines pratiques deviennent problématiques.

 

Le grand malentendu : un périnée trop tonique peut aussi provoquer des fuites

C’est probablement l’information la plus importante à comprendre.

Lorsqu’une femme souffre de fuites urinaires, on suppose presque automatiquement que son périnée manque de tonicité.

Alors elle contracte davantage, renforce davantage, serre davantage. Mais dans de nombreux cas, le périnée est déjà trop engagé.

On parle alors de périnée hypertonique.

 

Périnée hypotonique : la faiblesse réelle

Dans certains cas, le périnée manque effectivement de soutien.

On peut alors observer :

  • une sensation de pesanteur
  • un sentiment de vide dans le bassin
  • des difficultés de maintien
  • parfois une sensation de descente d’organes

Cette situation est fréquente :

  • juste après certains accouchements
  • dans certains terrains hormonaux
  • avec l’âge avancé

Dans ce cas, un travail de soutien et de tonification peut être nécessaire.

 

Périnée hypertonique : le piège silencieux

Mais beaucoup de femmes vivent la situation inverse.
Le périnée est constamment contracté, verrouillé, incapable de se relâcher.

Et un muscle qui ne sait plus se relâcher devient aussi un muscle qui ne sait plus réagir.

Résultat : les pics de pression du quotidien (toux, saut, course, rire) provoquent malgré tout des fuites.

Cette hypertonicité est extrêmement fréquente chez :

  • les sportives intensives
  • certaines coureuses
  • les yoginis pratiquant des engagements constants du périnée
  • les femmes en hypercontrôle
  • les femmes vivant dans un état de vigilance chronique

De nombreuses études montrent aujourd’hui que les sportives de haut niveau présentent très fréquemment ce type de terrain.

Et dans ce contexte, continuer à “renforcer” le périnée sans discernement peut aggraver les symptômes.

Le problème n’est pas uniquement la force : c’est la capacité du périnée à être vivant.
À se contracter quand il le faut et à se relâcher quand il le faut.

 

Pourquoi certaines pratiques de yoga aggravent les problématiques périnéales

Le yoga peut être un outil extraordinaire pour le périnée. Mais selon la manière dont il est enseigné, il peut aussi entretenir certains déséquilibres.

Dans de nombreuses approches, les femmes apprennent à engager leur périnée presque en permanence, à “tenir”, à verrouiller, à remonter constamment la zone.

Certaines pratiques intensives, notamment lorsqu’elles s’appuient sur un mula bandha permanent, créent progressivement une forme de contraction chronique.

Le périnée ne respire plus. Il ne descend plus. Il reste en tension.

Et ce phénomène est souvent renforcé par :

  • une respiration haute et bloquée
  • un système nerveux en hyperactivation
  • des mâchoires serrées
  • une pression de performance dans la pratique

Le problème est que beaucoup de femmes n’ont même plus conscience de cette tension.

Elles pensent manquer de tonicité.
Alors qu’en réalité, leur bassin ne sait plus relâcher.

Cela ne signifie pas que le yoga est mauvais pour le périnée. Cela signifie qu’un accompagnement du corps féminin demande de la nuance.

Et surtout, une lecture précise du terrain avant de proposer une pratique.

 

Le périnée ne se travaille pas uniquement “en direct”

L’une des grandes limites des approches classiques du périnée est de croire qu’il suffit de contracter la zone pour la transformer.

Or le périnée ne fonctionne jamais seul. Il fait partie d’un ensemble vivant.
D’une chaîne profonde reliée au souffle, au bassin, aux abdominaux, à la posture et même à la mâchoire.

Le diaphragme et la respiration

Le diaphragme respiratoire et le périnée fonctionnent ensemble. Ils sont les deux extrémités d’un même cylindre.

Quand le souffle se bloque, le périnée se fige souvent lui aussi.
Quand la respiration devient plus fluide, le bassin retrouve progressivement de la mobilité.

C’est pourquoi certaines pratiques respiratoires peuvent transformer profondément la relation au périnée.

Les transverses : la synergie profonde

Les abdominaux profonds, notamment les transverses, travaillent naturellement avec le périnée.

Lorsque le bas du ventre s’engage de manière juste, le périnée suit mécaniquement. Cette synergie est fondamentale. Elle permet d’éviter l’erreur fréquente consistant à contracter uniquement les sphincters.

Car contracter les sphincters inhibe souvent les muscles profonds que l’on cherche justement à activer.

La mâchoire, la langue et la voix

Le bassin et la bouche sont profondément reliés. Une mâchoire serrée accompagne très souvent un périnée tendu.

À l’inverse :

  • relâcher la langue
  • ouvrir la voix
  • émettre des sons graves
  • détendre la mâchoire

peut avoir un effet direct sur le relâchement du bassin.

Les pieds et les appuis

Les pieds influencent eux aussi le périnée. La manière dont le poids du corps se répartit modifie les sollicitations dans le bassin.

Les appuis, la marche consciente et la posture deviennent alors des outils puissants de rééducation indirecte.

 

Le périnée porte aussi une mémoire

Le périnée n’est pas seulement une structure musculaire : c’est une zone profondément liée au vécu féminin.

Pour certaines femmes, la déconnexion du bassin ne vient pas uniquement d’un problème mécanique.

Elle peut être liée :

  • à des accouchements difficiles
  • à des chirurgies
  • à des expériences de violence
  • à des états chroniques d’insécurité
  • à des mémoires émotionnelles ou transgénérationnelles

Cela ne signifie pas que “tout est émotionnel”. Le travail anatomique reste essentiel, mais parfois, le corps a aussi besoin de sécurité, de lenteur, de présence.

C’est précisément là que certaines approches du yoga deviennent précieuses.
Parce qu’elles permettent de travailler à la fois :

  • le souffle
  • le système nerveux
  • le relâchement
  • la conscience corporelle
  • la relation au bassin

Et non uniquement la contraction musculaire.

Cette dimension du bassin et du territoire féminin est également au cœur de notre programme Bol Sacré, consacré à la reconnexion profonde au bassin, au souffle et au corps féminin. 

 

Post-partum, ménopause, sportives : des réalités très différentes

Toutes les femmes ne vivent pas le périnée de la même manière.

Après un accouchement

Le post-partum est une période extrêmement sensible. Le périnée a parfois été étiré, suturé ou profondément sollicité.

Dans cette période, le corps a d’abord besoin de récupération, pas de performance. Le réveil de la conscience du bassin précède souvent la tonification.

Et certaines habitudes du quotidien, comme porter constamment son bébé sans soutien postural, peuvent réactiver les déséquilibres.

Par ailleurs, cette période ne doit pas se résumer à “remuscler le périnée”. La récupération post-partum implique aussi le souffle, les appuis, le système nerveux et la posture globale.

 

À la périménopause et à la ménopause

La ménopause ne crée pas toujours les problématiques périnéales. Elle révèle souvent des fragilités plus anciennes.

Avec les transformations hormonales, la posture change, le bassin se modifie, le soutien des tissus évolue, tout comme la relation à son corps.

Dans cette phase, la prévention devient essentielle et le yoga devient un allié précieux pour préparer sa ménopause dès 38 ans.

 

Chez les sportives et les yoginis avancées

Les femmes les plus “fortes” ne sont pas toujours les plus équilibrées.

Chez certaines sportives intensives ou pratiquantes avancées de yoga, le bassin vit dans une contraction permanente.

Le travail ne consiste alors pas à renforcer davantage, mais à retrouver de la mobilité, du relâchement et de l’intelligence dans la réponse musculaire.




Ce que le Yoga des Femmes propose de différent

L’approche du Yoga des Femmes repose sur une idée simple :
👉 on ne peut pas proposer la même pratique à tous les périnées.

Avant toute chose, il faut comprendre le terrain, lire le corps, observer, distinguer.

Cette approche repose notamment sur plusieurs principes fondamentaux :

  • distinguer périnée hypotonique et hypertonique
  • travailler la synergie diaphragme - transverses - périnée
  • entrer par des voies indirectes lorsque la connexion directe est inaccessible
  • sortir du réflexe de contraction permanente
  • soutenir le système nerveux autant que les muscles
  • intégrer la posture, le souffle et le bassin dans une vision globale

L’objectif n’est pas d’avoir un périnée “fort”, mais un périnée “intelligent”

Un périnée capable, selon les situations :

  • de soutenir
  • de réagir
  • de se relâcher
  • de s’adapter

Pour les professeures de yoga : enseigner le périnée demande une vraie lecture du corps féminin

Pendant longtemps, le périnée a été enseigné de manière extrêmement simplifiée dans les formations de yoga : contracter, engager, remonter.

Mais accompagner réellement les femmes demande aujourd’hui une compréhension beaucoup plus fine.

Car une même consigne peut aider certaines élèves… et aggraver les autres.

Enseigner le périnée ne consiste pas uniquement à transmettre des exercices.

Cela demande de savoir :

  • lire un terrain
  • reconnaître les signes d’hypertonicité
  • adapter les pratiques selon les étapes de vie
  • comprendre les liens entre souffle, posture et bassin
  • accompagner sans renforcer les compensations existantes

C’est précisément cette lecture du corps féminin que nous transmettons dans l’approche Yoga des Femmes.

Retrouver un périnée intelligent

L’incontinence n’est pas une fatalité.
Et surtout, elle ne fonctionne presque jamais selon le schéma simpliste “cause > conséquence” ou “action > réaction” que l’on nous fait croire.

Le corps féminin a parfois besoin de plus de force et parfois de moins de tension.
Ou bien de plus de mobilité, plus de conscience ou plus de relâchement.

Le périnée n’est pas censé rester contracté en permanence.
Il est vivant, mouvant, réactif.

Comprendre cette nuance change profondément la manière d’habiter son bassin, de pratiquer le yoga, et d’accompagner les femmes.

Parce qu’au fond, la vraie question, c’est
👉 comment retrouver un corps capable de soutenir… sans se verrouiller ?



Pour aller plus loin

Prendre soin de son périnée autrement

Un mini-programme pour comprendre le périnée féminin bien au-delà des simples exercices de contraction et retrouver un périnée soutenant : souffle, posture, mobilité, système nerveux et intelligence du bassin féminin. 

Accompagner le corps féminin avec plus de finesse

La Formation Yoga des Femmes transmet une approche complète du yoga féminin :
cycle, périnée, grossesse, postpartum, ménopause, système nerveux et pédagogie du corps féminin.

Revenir au bassin comme territoire vivant

Le programme Bol Sacré permet de remettre de la conscience dans le bassin et le bas-ventre, et de renouer une relation saine avec cette partie de son corps.

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